Fiche Conseil
Monologues pour femmes : quels textes choisir pour les concours de théâtre ?
Choisir un monologue pour femme dans le cadre des concours des écoles de théâtre constitue une étape déterminante du parcours d’une comédienne. Entre les textes surexposés, les figures tragiques parfois abordées de manière démonstrative et la difficulté à trouver un rôle réellement incarnable, le choix demande discernement, exigence et engagement artistique. Cette fiche propose des pistes de monologues féminins — classiques et contemporains — pour sortir des évidences, affirmer une singularité de jeu et construire une proposition solide face au jury.
Le choix d’un monologue n’est jamais anodin. Il représente souvent le premier espace où une actrice peut déployer pleinement sa pensée, sa sensibilité et son imaginaire. Pourtant, face à l’enjeu des concours, la tentation est grande de se tourner vers des textes réputés « efficaces » : grandes tirades tragiques, héroïnes consumées par la passion ou figures de femmes abandonnées.
Si ces rôles appartiennent au patrimoine théâtral, leur accumulation dans les auditions peut produire un effet inverse à celui recherché. Une Médée trop démonstrative ou une Phèdre réduite à la seule souffrance risquent d’enfermer le jeu dans une performance attendue, là où le jury espère découvrir une interprétation pensée et habitée.
L’objectif de cette fiche n’est pas de fournir une liste définitive, mais d’ouvrir des pistes de recherche. Avec curiosité et rigueur, il est possible de proposer des choix audacieux tout en restant pleinement défendables en concours. Car un monologue n’a pas besoin d’être spectaculaire pour marquer les esprits — il doit avant tout être nécessaire.
Pourquoi éviter les monologues féminins trop attendus en concours
Les jurys entendent chaque année des dizaines de variations autour des mêmes partitions : la confession tragique, la plainte amoureuse, la colère ou la folie. Même admirablement interprété, un texte trop entendu peut provoquer une forme de saturation et rendre la comparaison immédiate entre candidates.
Choisir un monologue moins fréquent permet :
- de montrer une véritable démarche de recherche personnelle
- d’affirmer une culture dramaturgique vivante
- de créer un espace de jeu plus libre, sans référence écrasante
- d’installer une relation plus directe entre le texte et l’actrice
Il ne s’agit pas de rechercher l’originalité à tout prix, mais plutôt l’adéquation entre un texte, une interprète et un projet artistique clair. Un jury ne cherche pas seulement une émotion : il observe une pensée en action.
Ce que le jury observe réellement dans un monologue féminin
Contrairement à une idée répandue, les jurys ne recherchent pas une intensité permanente ni une démonstration de virtuosité émotionnelle. Ce qui retient leur attention est souvent plus subtil.
Ils regardent notamment :
- la précision de la pensée
- la capacité à faire entendre une langue
- la qualité d’écoute — même seule en scène
- la liberté dans l’adresse
- la maturité du rapport au personnage
Un monologue n’est jamais un moment d’isolement : c’est une situation dramatique. Le personnage agit, s’adresse à quelqu’un — présent ou absent — et tente de transformer une réalité. C’est cette dynamique qui fait naître le théâtre.
Comment choisir un monologue féminin réellement défendable
Avant même la question du répertoire, un principe simple peut guider le choix : le texte doit vous mettre en mouvement.
Choisissez une situation plutôt qu’une émotion.
La douleur seule ne suffit pas ; encore faut-il qu’elle produise une action.
Méfiez-vous des rôles uniquement plaintifs.
Les personnages les plus passionnants sont traversés de contradictions.
Interrogez votre nécessité.
Pourquoi ce texte aujourd’hui ? Pourquoi vous ?
Pensez au rythme.
Un monologue structuré, respiré et progressif sera toujours plus puissant qu’une intensité uniforme.
Enfin, rappelons qu’un texte n’existe jamais sans celle qui le porte. Ce n’est pas le monologue qui fait l’actrice — c’est l’actrice qui révèle le monologue.
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Monologues : extraits et pistes de travail (ordre chronologique)
Médée — Médée
Auteur : Euripide
Date : 431 av. J.-C. (représentation à Athènes)
Traduction : Henri Berguin
Intérêt pédagogique : pensée stratégique, violence maîtrisée, montée de la décision, adresse au chœur (partenaires invisibles).
MÉDÉE — Les malheurs m'assaillent de tous côtés. Qui le niera ? Mais les choses ne se passeront pas ainsi; ne le croyez pas encore. Il reste des luttes à soutenir pour les nouveaux époux, et pour les beaux-parents de terribles épreuves. Crois-tu donc que moi je l'eusse jamais flatté sinon pour un profit ou pour machiner une ruse. Je ne lui aurais même pas adressé la parole; je ne l'aurais pas touché de mes mains. Mais il en est arrivé à un degré de sottise tel que, pouvant ruiner mes projets en me chassant du pays, il m'a accordé de rester ce jour encore. Aujourd'hui, je ferai des cadavres de trois de mes ennemis, du père, de la fille et de mon époux. Bien des moyens de leur donner la mort s'offrent à moi. Je ne sais, mes amies, lequel essayer de préférence. Mettrai-je le feu à la demeure nuptiale ? Leur enfoncerai-je un poignard aiguisé à travers le foie, en me glissant secrètement dans le palais où est dressée la couche ? Mais une chose m'arrête : si on me surprend à pénétrer dans la maison et à machiner une vengeance, je mourrai et ma mort sera la risée de mes ennemis. Mieux vaut la voie directe, celle qui convient le mieux à mon habileté naturelle : usons des poisons. Soit. Les voilà morts. Quelle cité, alors, me recevra ? Quel hôte m'offrira une terre d'asile et la garantie de sa demeure, pour défendre ma personne ? Il n'en est pas. Donc restons ici quelque temps encore et, si un rempart sûr se montre à moi, avec ruse et en silence je passerai au crime. Mais si la fatalité me poursuit et m'interdit la ruse, je saisirai moi-même un glaive et, dussé-je y périr, avec audace j'aurai recours à la violence. Non, jamais, par la maîtresse que j'honore entre toutes les divinités et que j'ai choisie pour auxiliaire, Hécate, qui réside au plus profond de mon foyer, nul n'aura la joie de me déchirer le coeur. Je les leur rendrai amères et funestes, ces noces, amers cette alliance et mon exil loin de ce pays. Allons! n'épargne pas ta science, Médée, pour dresser tes plans et ourdir tes ruses. Va jusqu'à l'horrible. C'est maintenant l'épreuve de ton courage. Tu vois ce que tu endures. Il ne faut pas que tu sois condamnée à la risée par l'hymen de la fille de Sisyphe avec Jason, toi la fille d'un noble père, issue du Soleil. Tu as la science. En outre la nature nous a faites, nous autres femmes, absolument incapables de faire le bien, mais pour le mal les plus habiles des ouvrières.
Lady Percy — Henri IV (Partie II)
Auteur : William Shakespeare
Date : 1600 (publication de la Partie II)
Traduction : François-Victor Hugo
Intérêt pédagogique : souffle élégiaque, adresse affective + politique, images, bascule du reproche à la supplication.
LADY PERCY — Oh! cependant, au nom du ciel, n'allez point à ces guerres. Il a été un temps, mon père, où vous avez violé votre parole, quoiqu'elle vous fût alors bien plus chère qu'aujourd'hui, lorsque votre fils Percy, lorsque mon Henri, le bien-aimé de mon coeur, tourna plusieurs fois ses regards vers le nord, pour y voir son père lui amener une armée, et l'attendit en vain. Qui put vous persuader de rester ici? C'étaient deux honneurs de perdus, le vôtre et celui de votre fils. Quant au vôtre... veuille le ciel l'illuminer de sa gloire! Pour celui de votre fils, il était attaché à sa personne comme le soleil à la voûte grisâtre des cieux; à sa clarté marchait aux beaux faits d'armes toute la chevalerie de l'Angleterre: il était véritablement le miroir devant lequel venait s'étudier toute notre jeune noblesse. C'était n'avoir pas de jambes que de ne pas savoir imiter sa démarche; et cette parole confuse et précipitée, défaut qu'il avait reçu de la nature, était comme l'accent des braves. Ceux dont le son de voix était naturellement calme et modéré échangeaient, pour être en tout semblables à lui, cette perfection contre une mauvaise habitude: ainsi langage, maintien, façon de vivre, choix de plaisirs, méthodes militaires, dispositions de caractère, en tout il était l'objet d'attention, le miroir, le modèle et le livre sur lequel se façonnaient tous les autres. C'est lui, lui, ce prodige, ce miracle parmi les hommes, lui qui n'eut jamais son second, que vous avez laissé, sans le seconder, affronter l'horrible dieu de la guerre avec tous les désavantages, et vous attendre sur ce champ de mort où il ne vit rien qui pût le défendre, que le son du nom de Hotspur. Voilà comment vous l'avez abandonné. Oh! jamais, jamais, ne faites à son ombre l'injure d'être plus délicat et plus jaloux de votre honneur avec les autres que vous ne le fûtes avec lui! Laissez-les seuls. Le maréchal et l'archevêque sont en force. Ah! que mon cher Henri eût eu seulement la moitié de leurs troupes; je serais aujourd'hui suspendue au cou de Hotspur et je parlerais du tombeau de Monmouth!
Lady Macbeth — Macbeth
Auteur : William Shakespeare
Date : 1606 (composition / premières représentations estimées)
Traduction : François-Victor Hugo
Intérêt pédagogique : incantation, commande du souffle, verticalité, précision des images, bascule vers l’acte.
LADY MACBETH, seule — Le corbeau lui-même s’est enroué — à croasser l’entrée fatale de Duncan — sous mes créneaux. Venez, venez, esprits — qui assistez les pensées meurtrières ! Désexez-moi ici, — et, du crâne au talon, remplissez-moi toute — de la plus atroce cruauté. Épaississez mon sang, — fermez en moi tout accès, tout passage au remords ; — qu’aucun retour compatissant de la nature — n’ébranle ma volonté farouche et ne s’interpose — entre elle et l’exécution ! Venez à mes mamelles de femme, — et changez mon lait en fiel, vous, ministres du meurtre, — quel que soit le lieu où, invisibles substances, — vous aidiez à la violation de la nature. Viens, nuit épaisse, — et enveloppe-toi de la plus sombre fumée de l’enfer : — que mon couteau aigu ne voie pas la blessure qu’il va faire ; — et que le ciel ne puisse pas poindre à travers le linceul des ténèbres, — et me crier : Arrête ! arrête !
Hermione — Un Conte d’hiver
Auteur : William Shakespeare
Date : 1611 (composition / premières représentations estimées)
Traduction : François-Victor Hugo
Intérêt pédagogique : défense d’honneur, pensée structurée, dignité dans la tempête, adresse frontale.
HERMIONE — Puisque tout ce que j’ai à dire consiste — à nier l’accusation, — et que le seul témoignage en ma faveur est — celui qui vient de moi, il ne me servira guère — de me déclarer « non coupable. » Mon intégrité — étant tenue pour fausseté, son affirmation — sera réputée fausse. Mais voici ce que je dis : Si les puissances divines — voient, comme je le crois, nos actions humaines, — je ne doute pas que l’innocence ne fasse un jour — rougir l’accusation menteuse, et trembler la tyrannie — devant la victime…
À Léonte.
Monseigneur, vous savez mieux que tous, — vous qui semblez le moins le savoir, que ma vie passée — a été aussi vertueuse, aussi chaste, aussi pure — qu’elle est maintenant malheureuse : et de malheur plus grand que le mien, — l’histoire n’en offre pas, que l’art puisse mettre — en scène pour émouvoir les spectateurs. Regardez donc ! moi, — la compagne du lit royal, à qui appartient — la moitié d’un trône, moi, fille d’un grand roi, — mère d’un prince, espoir de tous, être ici debout — à argumenter et à pérorer pour ma vie et mon honneur devant — le premier venu qui daigne m’entendre ! La vie, je l’évalue — ce que pèse une douleur dont je voudrais être délivrée ! Mais l’honneur, — il est réversible de moi aux miens, — et c’est pour lui seul que je suis ici debout ! J’en appelle — à votre propre conscience, sire. Avant l’arrivée de Polixène — à votre cour, n’étais-je pas dans vos grâces, — et ne méritais-je pas d’y être ? Et, après son arrivée, — à quelle intrigue illicite — me suis-je prêtée, pour comparaître ici ? Pour peu que j’aie transgressé — les bornes de l’honneur, ou que, par action ou par pensée, — j’aie incliné à les franchir, que les cœurs — de tous ceux qui m’écoutent s’endurcissent, et que mon plus proche parent — crie : Infamie ! sur ma tombe !
Mirandolina — La Locandiera
Auteur : Carlo Goldoni
Date : 1753
Traduction : Le Foyer (d’après le texte italien)
Intérêt pédagogique : comédie d’action, intelligence du désir, adresse au public (complicité), précision rythmique.
MIRANDOLINA :
Ah ! Quelle chose étrange il a dite !
L’illustrissime monsieur le marquis d’Arsura m’épouserait ?
Et pourtant, même s’il voulait m’épouser, il y aurait une petite difficulté…
C’est que moi, je ne le voudrais pas.
J’aime ce qui est solide ; les belles paroles, je n'en ai que faire.
Si j’avais épousé tous ceux qui ont prétendu m’aimer, oh ! j’aurais déjà une belle collection de maris !
Tous ceux qui arrivent dans cette auberge tombent amoureux de moi,
tous me font la cour, tous soupirent,
et tant et tant m’offrent carrément de m’épouser.
Et ce monsieur le chevalier, grossier comme un ours,
me traite avec une telle rudesse ?
C’est le premier étranger entré dans mon auberge
qui n’ait pris aucun plaisir à me parler.
Je ne dis pas que tout le monde doive tomber amoureux au premier regard ;
mais me mépriser ainsi ?
Voilà qui me met la bile en fureur.
Serait-il l’ennemi des femmes ?
Ne peut-il pas les supporter ?
Pauvre fou !
Il n’a pas encore rencontré celle qui saura s’y prendre.
Mais il la rencontrera.
Il la rencontrera…
Et qui sait s’il ne l’a pas déjà rencontrée ?
Avec celui-là précisément, je me pique au jeu.
Ceux qui me courent après m’ennuient très vite, très vite.
La noblesse n’est pas faite pour moi.
La richesse, je l’estime… et je ne l’estime pas.
Tout mon plaisir consiste à me voir servie, admirée, adorée.
C’est là ma faiblesse —
et c’est la faiblesse de presque toutes les femmes.
Me marier ? Je n’y pense même pas.
Je n’ai besoin de personne.
Je vis honnêtement et je jouis de ma liberté.
Je traite avec tout le monde,
mais je ne m’éprends jamais de personne.
Je veux me moquer de toutes ces caricatures d’amants éperdus,
et je veux user de tout mon art
pour vaincre, abattre et faire voler en éclats
ces cœurs barbares et endurcis
qui sont les ennemis de nous autres,
nous qui sommes la plus belle chose
que la bonne mère Nature ait jamais produite au monde.
La Belle-Fille — Six personnages en quête d’auteur
Auteur : Luigi Pirandello
Date : 1921
Traduction : non précisée (texte français fourni)
Intérêt pédagogique : méta-théâtre, urgence émotionnelle, rupture d’adresse, alternance tendresse / violence.
LA BELLE-FILLE. – Attendez ! Attendez ! D’abord, la scène de la fillette au bassin ! (Elle court chercher la Fillette et, s’agenouillant devant elle, elle lui prend dans les mains son petit visage.) Ma pauvre petite chérie, toi, tu regardes tout ça, éperdue, avec tes grands beaux yeux : Dieu sait où tu crois être ! Nous sommes sur un plateau de théâtre, ma chérie ! Qu’est-ce que c’est, un plateau ? Mais, tu vois ? c’est un lieu où l’on joue à jouer pour de vrai. On y joue la comédie. Et nous deux, maintenant, on va jouer la comédie. Pour de vrai, tu sais ! Toi aussi… (Elle l’étreint, la serrant sur sa poitrine et la berçant un peu.) Oh, ma petite chérie, ma petite chérie, la vilaine comédie que tu vas jouer ! l’horrible chose qu’on a imaginée pour toi ! Ce jardin, ce bassin… Oh, bien sûr, ce n’est pas un vrai bassin ! Le malheur, ma chérie, c’est qu’ici tout est faux ! Ah, mais oui, peut-être que toi, ma petite Rosetta, qui es une enfant, tu aimes mieux un faux bassin qu’un vrai : pour pouvoir jouer dedans, hein ? Mais non, pour les autres ce sera un jeu, mais, hélas ! pas pour toi qui es vraie, mon amour, et qui joues pour de vrai dans un vrai bassin, un grand bassin, tout vert, avec des tas de bambous qui y font de l’ombre, et avec des tas, des tas de petits canards qui nagent dessus, fendant cette ombre… Toi, tu voudrais en attraper un de ces petits canards… (Dans un hurlement qui emplit tout le monde d’effroi :) Non, ma petite Rosetta, non ! À cause de sa canaille de fils, maman ne s’occupe pas de toi ! Et moi, je suis avec tous mes démons dans la tête… Et celui-là… (Abandonnant la Fillette, elle s’adresse avec son habituelle mauvaise humeur à l’Adolescent.) Qu’est-ce que tu fabriques là, avec cet éternel air de mendiant ? Ce sera aussi par ta faute si cette petite se noie : à cause de ton attitude, comme si moi, en vous faisant entrer dans cette maison, je n’avais pas payé pour tous ! (Le saisissant par un bras pour le forcer à tirer une main de sa poche :) Qu’est-ce que tu as dans ta poche ? Qu’y caches-tu ? Allons, sors ta main de ta poche ! (Lui arrachant la main de sa poche, elle s’aperçoit, au milieu de l’horreur générale, que cette main tient un revolver. Elle le regarde un instant comme satisfaite, puis dit, sombre.) Ah ! Où et comment te l’es-tu procuré ? (Et, comme l’Adolescent, effrayé, et toujours avec des yeux écarquillés et vides, ne répond pas.) Idiot, moi, à ta place, au lieu de me tuer, j’aurais tué l’un de ces deux-là ou bien tous les deux : le père et le fils !
La Femme juive — Grand-peur et misère du IIIe Reich
Auteur : Bertolt Brecht
Date : 1938 (cycle écrit 1935–1938)
Traduction : non précisée (texte français fourni)
Intérêt pédagogique : tension morale, adresse à l’absent, progression par reprises (variations), bascule de la dignité à la rage.
LA FEMME JUIVE — (Francfort, 1935. C’est le soir. une femme fait ses malles. Elle trie ce qu’elle va emporter. […] Elle se promène de long en large. Puis elle commence à parler, elle répète le petit discours qu’elle compte tenir à son mari. On doit voir sur quelle chaise il est supposé être assis.)
Oui, je pars, Fritz. Je suis peut-être restée trop longtemps déjà, tu dois m’en excuser, mais… (Elle s’arrête, réfléchit, et recommence autrement.) Fritz, il ne faut plus me retenir, tu ne peux pas… Il est évident que je te fais du tort, je sais, tu n’es pas un poltron, tu ne crains pas la police, mais il y a pire. Ils ne te mettront pas dans un camp, mais demain, ou après, ils t’empêcheront d’aller à la clinique, tu ne diras rien, mais tu tomberas malade. Je ne veux pas te voir ici, dans un fauteuil, passant ton temps à feuilleter des revues, c’est pur égoïsme de ma part, si je m’en vais, rien d’autre. Ne dis rien… (Elle s’arrête de nouveau, et recommence tout.) Ne dis pas que tu n’es pas changé, tu l’es ! La semaine dernière, tu as trouvé, en toute objectivité, que le pourcentage de savants juifs n’était pas si élevé. Ça commence toujours par l’objectivité, et pourquoi, maintenant, ne cesses-tu pas de me répéter que je n’ai jamais fait preuve d’un tel nationalisme juif ? Evidemment je deviens nationaliste. C’est un mal contagieux. Oh, Fritz, qu’est-ce qui nous est arrivé ! (Elle s’arrête de nouveau, et recommence tout.) Je ne te l’ai pas dit que je voulais partir, que je voulais partir depuis longtemps, parce que je ne peux pas te parler quand je te regarde, Fritz. Cela me semble alors tellement inutile, de parler. Tout est déjà réglé. Qu’est-ce qui leur a pris ? Qu’est-ce qu’ils veulent ? Qu’est-ce que je leur fais ? Je ne me suis pourtant jamais occupée de politique ! Est-ce que j’ai été pour Thaelmann ? Ne suis-je pas l’une de ces femmes de la bourgeoisie qui ont un train de maison, etc. ?… Et d’un coup, seules les femmes blondes auraient le droit de vivre ainsi ? Ces derniers temps, j’ai souvent pensé à ce que tu me disais, il y a des années, qu’il y avait des individus précieux et des individus moins précieux, et que les uns, en cas de diabète, avaient droit à l’insuline et les autres pas, et j’approuvais, imbécile que j’étais ! Ils ont fait aujourd’hui une nouvelle classification de ce genre, et maintenant je suis ceux de ceux qui valent moins que rien. Je l’ai bien mérité. (Elle s’arrête de nouveau, et recommence tout.) Oui, je fais mes bagages. Ne fais pas comme si tu ne t’étais aperçu de rien ces derniers jours. Fritz, j’admets tout, sauf une chose, que nous ne nous regardions pas en face pendant la dernière heure qui nous reste. Ils n’ont pas le droit d’obtenir cela de nous, ces menteurs qui contraignent tout le monde au mensonge. Une fois, il y a dix ans, quelqu’un avait fait réflexion que je n’avais pas le type juif, tu avais dit aussitôt : si, elle l’a. Et cela me plaisait. C’était clair. Aujourd’hui, pourquoi tergiverser ? Je fais mes bagages parce que, sinon, ils ne te laisseront plus médecin-chef. Et parce que déjà, dans ta clinique, ils ne te saluent plus, parce que déjà, la nuit, tu n’arrives plus à dormir. Je ne veux pas que tu me dises que je ne dois pas partir. Et je fais vite, pour ne pas t’entendre me dire que je dois partir. C’est une question de temps. Le caractère, c’est une question de temps. Ça dure plus ou moins, comme les gants. Il y en a de bons, qui tiennent longtemps. Mais ils ne tiennent pas éternellement. D’ailleurs, je ne suis pas en colère. Si, je le suis. Pourquoi dirais-je toujours amen ? Qu’est-ce qu’il y a de mal dans la forme de mon nez et dans la couleur de mes cheveux ? Je dois quitter cette ville, où je suis née, pour qu’ils n’aient pas à me donner ma ration de beurre. Quels hommes vous êtes, oui, toi aussi ! Vous inventez la théorie des quanta et vous vous laissez commander par des brutes qui vous donnent le monde à conquérir, mais qui vous retirent le droit de choisir votre femme. Respiration artificielle et chaque coup fait mouche ! Vous êtes des monstres ou des larbins de monstres. Oui, je ne suis pas raisonnable, mais dans un monde pareil à quoi sert la raison ? Tu es assis là et tu vois ta femme faire ses bagages et tu ne dis rien. Les murs ont des oreilles, n’est-ce pas ? Mais rien, vous ne dites rien ! Les uns écoutent, et les autres se taisent. Moi aussi, je devrais me taire. Si je t’aimais, je me tairais. Je t'aime vraiment. Donne-moi ce linge là-bas. C’est de la lingerie de luxe. J’en aurai besoin. J’ai trente-six ans, ce n’est pas trop vieux, mais je ne peux plus me permettre beaucoup d’expériences. Dans le prochain pays où j’irai, cela ne devra plus se passer ainsi. Le prochain homme que j’aurai devra avoir le droit de me garder. Et ne dis pas que tu m’enverras de l’argent, tu sais bien que tu ne le pourras pas. Et ne fais pas non plus comme si c’était seulement pour trois semaines. Les choses, ici, dureront plus de trois semaines. Tu le sais et je le sais aussi. Alors, ne dis pas : en somme, c’est l’affaire de quelques semaines, en me donnant le manteau de fourrure dont je n’aurai besoin que l’autre hiver. Et ne disons pas que c’est un malheur. Disons que c’est une honte.
Maggie — Une chatte sur un toit brûlant
Auteur : Tennessee Williams
Date : 1955
Traduction : non précisée (texte français fourni)
Intérêt pédagogique : tirade “mitraillette”, humour + cruauté, précision des cibles, sous-texte amoureux, variations de tempo.
MAGGIE :
Tu les entends, comme ils hurlent ?
Mais où est-ce qu’ils peuvent bien avoir leurs cordes vocales, ces petits monstres sans cou ?
À table, ce soir, j’étais tellement hors de la grâce de Dieu que j’ai failli hurler moi aussi.
Un cri qu’on aurait entendu jusqu’en Ohio !
J’ai dit à ta délicieuse belle-sœur :
« Pourquoi tu ne les fais pas manger dans la cuisine, sur une toile cirée, tes adorables rejetons ?
Tu ne vois pas qu’ils salissent tout ? »
Tu aurais vu l’air de la divinité offensée !
« Comment ? — qu’elle me fait — le jour de l’anniversaire de papa ?
Il ne me le pardonnerait jamais ! »
Tu parles… papa à peine assis à table, avec tous ces sans-cou qui s’empiffraient et bavaient partout,
il a posé sa fourchette et il a dit :
« Mon Dieu, Gooper, envoie-les dans la cuisine, ces cochons, mets-les à une auge ! »
Je mourais de rire, je t’assure…
Cinq.
Ils en ont cinq, tu te rends compte ?
Et le sixième est en route.
Ils les ont tous amenés en bloc,
même les jumeaux dans leur landau,
comme un troupeau à vendre à la foire.
Pas une seconde de répit.
« Chéri, montre au grand-père comme tu es sage.
Montre tes fossettes.
Récite le poème.
Fais la roue.
Fais-ci, fais-ça. »
Sans arrêt.
Et bien sûr, le tout soigneusement assaisonné
de petites allusions venimeuses à notre sujet à nous :
êtres sans enfants, stériles, inutiles, bons à jeter à la casse.
Amusant, hein ?
Si ce n’était pas aussi écœurant.
C’est tellement clair ce qu’ils manigancent…
Ils veulent te voler la part d’héritage qui te revient,
maintenant que tout le monde sait que ton père a un cancer.
Les résultats sont arrivés aujourd’hui.
Je les ai vus.
Et je ne vais pas te dire que ça m’a surprise.
Depuis le printemps, quand nous sommes arrivés ici,
j’avais reconnu les symptômes.
Et tu penses bien que ton frère et ta belle-sœur ne sont pas tombés de la dernière pluie.
Voilà pourquoi ils ont renoncé, cette année,
à l’air frais de la montagne,
pour venir ici crever de chaud et se baigner dans la rivière —
eux et toute leur ménagerie !
Moi, je dis que tu as encore une grosse carte à jouer.
Ton père t’adore,
et il ne peut pas supporter ton frère et ta belle-sœur.
Il suffit de voir la tête qu’il fait
pendant les dissertations de la couveuse,
quand elle se vante d’avoir refusé l’anesthésie
à la naissance des jumeaux,
parce que la maternité est un événement
qu’une femme doit vivre dans toute sa plénitude
pour en savourer toute la prodigieuse beauté…
Et pour ça, elle s’est traîné son mari jusque dans la salle d’accouchement,
histoire qu’il savoure lui aussi
toute cette prodigieuse beauté :
la venue au monde de monstres sans cou !
Papa, sur ce couple-là,
il pense exactement comme moi.
Moi — moi je l’amuse,
je le fais rire,
je lui plais.
Des Neiges-Verrette — Les Belles-Soeurs
Auteur : Michel Tremblay
Date : 1965
Langue : français québécois (joual)
Intérêt pédagogique : oralité, rythme du “parlé-vrai”, musicalité dialectale, sincérité sans filtre.
DES NEIGES-VERRETTE. La première fois que je l’ai vu, je l’ai trouvé ben laid… C’est vrai qu’y est pas beau tu-suite ! Quand y’a ouvert la porte, y’a enlevé son chapeau, pis y m’a dit : « Seriez-vous intéressée pour m’acheter des brosses, ma bonne dame ? » J’y ai fermé la porte au nez ! J’laisse jamais rentrer d’homme dans la maison ! On sait jamais c’qui peut arriver… Y’a rien que le petit gars de « La Presse » que j’laisse rentrer. Lui, y’est trop jeune, encore, y pense pas à mal. Un mois après, mon gars des brosses est revenu. Y faisait une tempête de neige à tout casser, ça fait que j’l’ai laissé rentrer dans le portique. Un coup qu’y a été rendu dans’maison, j’ai eu peur, mais j’me sus dit qu’y avait pas l’air méchant, mais si y’était pas ben beau… Y est toujours sur son trente-six, pas un cheveu qui dépasse… Un vrai monsieur ! Pis tellement ben élevé ! Y m’a vendu deux-trois brosses, toujours, pis y m’a montré son cataloye. Y’en avait une qui m’intéressait, mais y l’avait pas avec lui, ça fait qu’y m’a dit que je pouvais donner une commande. Pis y’est r’venu chaque mois depuis c’temps-là. des fois, j’achète rien. Y vient juste que-qu’menutes. Y’est tellement fin ! Quand y parle, on oublie qu’y est laid ! Pis y sait tellement de choses intéressantes ! Aie, y voyage à tous les coins d’la province, c’t’homme-là ! J’pense… j’pense que je l’aime… J’sais que ça pas d’allure, j’le vois rien qu’une fois par mois, mais on est si bien ensemble ! Chus tellement heureuse quand y est là ! C’est la première fois que ça m’arrive ! C’est la première fois ! Les hommes se sont jamais occupé de moi, avant. J’ai toujours été une demoiselle… seule. Lui, y m’raconte ses voyages, y m’raconte des histoires… Des fois, sont pas mal sales, mais sont tellement drôles ! Pis y faut dire que j’ai toujours aimé les histoires un peu salées… J’trouve que ça fait du bien de conter des histoires cochonnes, des fois… Ah ! sont pas toutes cochonnes, ses histoires, ah ! non, y’en a des des correctes ! Des histoires osées, ça fait pas longtemps qu’y m’en conte… Des fois, sont tellement cochonnes, que j’rougis. La dernière fois qu’y est v’nu, y’m’a pris la mais parce que j’avais rougi. J’ai manqué venir folle ! Ca m’a toute revirée à l’envers de sentir sa grosse main su’a mienne ! J’ai besoin de lui, astheur ! J’voudrais pas qu’y s’en aille pour toujours… Des fois, j’rêve… qu’on est mariés. J’ai besoin qu’y vienne me voir ! C’est le premier homme qui s’occupe de moé ! J’veux pas le pardre !
Kyra — Skylight
Auteur : David Hare
Date : 1995
Traduction : Le Foyer (traduction/adaptation d’après l’anglais — extrait fourni en anglais)
Intérêt pédagogique : argumentation en feu, colère politique, précision des cibles, montée du volume émotionnel, rupture d’intimité.
KYRA — Tu vois, j’ai peur de penser que c’est typique. C’est quelque chose qui arrive… et c’est seulement depuis peu. Que les gens aient besoin de demander pourquoi j’aide ces enfants. Je les aide parce qu’ils ont besoin d’être aidés. Tout le monde se réjouit, discute des « motivations ». Bien sûr qu’elle fait ça. Elle travaille dans l’East End. Elle ne le fait que parce qu’elle est malheureuse. Elle le fait à cause d’un manque en elle. Elle n’a pas d’homme. Si elle avait un homme, elle n’aurait pas besoin de faire ça. Tu crois qu’elle est lesbienne ? Elle doit être foutue. Elle doit être une Amazone. Elle doit être une bizarre, pour choisir de travailler là où elle travaille… Eh bien moi, je dis : qu’est-ce que ça peut foutre, pourquoi je le fais ? La raison n’est même pas la chose la plus importante. Si je ne le faisais pas, ça ne serait pas fait. J’en ai marre de ces sophismes. J’en ai marre de ces connards de droite. Eux, ils ne lèveraient pas le petit doigt. Ils bossent tranquillement dans des bureaux et des banques. Et puis ils s’assoient, pontifient au parlement, dans les journaux, ils salissent nos intentions, ils mettent en doute nos jugements. Et pourquoi ? Parce qu’ils ont besoin de se sentir mieux en rabaissant ceux dont le travail est cent fois plus dur que le leur. Il suffit de dire « travailleur social »… « agent de probation »… « conseiller »… pour que tout le pays ricane. Tu sais ce que font les travailleurs sociaux ? Tous les jours ? Ils essaient de curer les canalisations de la société. Ils nettoient la merde. Ils font ce que personne d’autre ne fait, ce que personne d’autre ne veut faire. Et pour ça, oh mon Dieu, on les remercie ? Non. On prend nos consciences pourries, on les essuie sur la gueule du travailleur social et on dit : « Si — » MERDE ! — « si moi je faisais ce boulot… oh non, pardon, je ne le ferais pas comme ça… » Alors moi je dis : OK, alors fais-le, journaliste. Politicien, va parler aux addicts. Tiens des familles debout. Empêche les mômes de voler dans la rue. Gère des couples qui se frappent. Vas-y, essaie. Puisque tu as tant de conseils à donner. Ce travail, c’est un immense casino. Oui, viens. Tout le monde peut jouer. Mais il n’y a qu’une seule règle : tu ne peux pas jouer gratuitement. Tu dois acheter des jetons pour t’asseoir à la table. Et si tu ne veux pas payer avec ton propre temps… avec ton propre effort… alors je suis désolée. Dégage.
Carly — Reasons to Be Pretty
Auteur : Neil LaBute
Date : 2008
Traduction : Le Foyer (d’après l’anglais)
Intérêt pédagogique : confidence directe, précision psychologique, oscillation pudeur / frontalité, travail du silence (pauses).
CARLY :
Je suis très attirante. Je le suis. Je l’ai toujours été, mais ce n’est pas quelque chose de si important pour moi — si vous voulez savoir, ça s’est même souvent retourné contre moi, pendant une bonne partie de ma vie. (Temps.) Tout est là. (Elle montre son visage.) Mon visage. Je suis née avec. C’est tout. On m’a donné ça à porter, mes traits, et je dois faire avec. Et oui, au fil des années, ça m’a apporté des choses, je ne vais pas mentir : des rendez-vous, l’entrée dans des clubs où je rêvais d’aller, ou des sourires de mon père… Mais en grandissant, c’est devenu — je ne sais pas trop comment dire — presque un problème. Une vraie gêne, quelque chose sur quoi je n’ai aucun contrôle. (Temps.) Je ne suis pas idiote. Je sais que je devrais être reconnaissante, que je devrais remercier le ciel et me réjouir de ne pas être défigurée ou d’avoir une oreille en moins — je connais des filles qui détestent, je veux dire qui haïssent leur nez, leur bouche, ou le fait que leurs yeux soient trop écartés… Je n’ai pas ces problèmes-là, et j’en suis heureuse. Je me regarde dans le miroir et je vois une belle femme qui me regarde en retour ; même les mauvais jours, une ride ou deux, un peu pâle ou quoi, mais un très beau visage, là, quand même. Qui sourit. Je ne dis pas que je ne comprends pas la chance que j’ai eue, à bien des égards. Je la comprends. Vraiment. Je veux juste que les gens comprennent que la beauté a un prix. Comme la laideur en a un aussi. Un prix différent, évidemment. Et je prends ce que j’ai. Mais il m’est arrivé de pleurer jusqu’à m’endormir à cause de ce que je suis, moi aussi. Et ça, il faut que vous le sachiez. (Temps.) J’espère que mon bébé ira bien — est-ce que j’ai dit qu’on avait appris que c’était une petite fille ? Mais j’espère vraiment qu’elle ne sera que jolie. C’est mon vœu. Qu’elle ne soit pas une reine de beauté sur laquelle tout le monde s’arrête et qu’on dévisage sans cesse, parce que je ne voudrais pas ça pour elle… Être cet objet. Cette chose que les gens ne peuvent pas s’empêcher de fixer. Parce que si elle est — née comme moi, c’est ce que je veux dire — si elle se retrouve avec un visage qui agit comme un aimant à hommes, comme ça a été mon cas… Je préférerais presque qu’elle n’en ait pas conscience. Pas aveugle, non, je ne lui souhaiterais jamais ça, mais presque. Une sorte d’oubli. Quelque chose qui se poserait sur ses yeux pour lui permettre de traverser la vie sans voir à quel point les gens peuvent être cruels… Pas seulement avec leurs mots, mais avec leurs regards, avec leur désir, et… et… Presque avec la haine que ça provoque. (Sourit.) Désolée, je ne voulais pas devenir si grave. Mais j’y pense, parfois. Mes journées de travail sont longues, vous savez… Alors j’ai souvent un peu de temps pour… enfin Penser, j’imagine.
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