Fiche Conseil
Faut-il passer plusieurs fois les concours des écoles nationales de théâtre ?
<p><strong>Oui — et c’est même souvent indispensable.</strong> Réussir un concours d’école nationale de théâtre est rarement immédiat. Derrière chaque admission se cache très souvent un parcours fait de tentatives, d’ajustements, de maturation artistique et personnelle. Comprendre cette réalité permet de transformer l’échec apparent en véritable levier de progression.</p>
À l’époque où le Conservatoire national dominait largement le paysage de la formation de l’acteur, certains candidats n’ont été admis qu’après trois ou quatre tentatives. Ce constat reste largement valable aujourd’hui : intégrer une grande école demande du temps, de la persévérance et une évolution réelle dans son rapport au travail.
Préparer un concours n’est pas seulement un objectif ponctuel. C’est un chemin. Une progression continue qui exige concentration, rigueur, exigence technique et engagement artistique. Chaque passage permet d’affiner son identité d’acteur et de mieux comprendre ce que les jurys attendent réellement.
Pourquoi repasser un concours est souvent une stratégie intelligente
Contrairement à certaines idées reçues, un échec ne signifie pas que vous n’avez pas votre place. Il indique le plus souvent que votre niveau — ou votre maturité artistique — n’est pas encore totalement en adéquation avec les attentes d’une école nationale.
Repasser un concours permet :
- d’observer sa progression réelle d’une année à l’autre,
- de développer une plus grande solidité technique et émotionnelle,
- d’affiner ses choix de scènes et de répertoire,
- et surtout de gagner en liberté sur le plateau.
Les jurys ne cherchent pas uniquement des candidats prometteurs : ils recherchent des interprètes déjà prêts à entrer dans un processus de formation supérieur.
Présenter plusieurs écoles : une nécessité
Il est fréquent qu’un candidat échoue au premier tour d’une école… puis atteigne le troisième tour dans une autre la même année — voire y soit admis. Les jurys, les attentes et les sensibilités artistiques diffèrent.
C’est pourquoi nous encourageons fortement les candidats à présenter au minimum trois ou quatre concours. Cette démarche offre une vision beaucoup plus réaliste de votre niveau et de votre potentiel.
Multiplier les concours, ce n’est pas se disperser : c’est augmenter ses chances tout en accumulant une expérience précieuse.
Échouer au premier tour : un indicateur, pas une condamnation
Ne pas franchir le premier tour signifie généralement que les fondamentaux ne sont pas encore suffisamment solides : présence, précision, incarnation, maturité ou préparation globale.
Certaines écoles — comme le CNSAD — communiquent parfois des notes ou des appréciations. Lorsqu’elles existent, ces indications sont extrêmement précieuses : elles permettent de situer objectivement son niveau.
Après un premier échec, les bonnes questions sont simples :
- Que dois-je encore renforcer ?
- Ma préparation était-elle réellement à la hauteur ?
- Suis-je prêt(e) à maintenir cet objectif pour l’année suivante ?
Le danger n’est pas l’échec — c’est le découragement.
Le second tour : souvent le plus exigeant
Paradoxalement, le deuxième tour est parfois plus difficile que le premier. La pression retombe, certains candidats se relâchent, d’autres ont l’impression d’avoir déjà “fait leurs preuves”.
Erreur fréquente.
Dans de nombreuses écoles, c’est à ce stade que siège le jury principal — celui qui décidera réellement de votre entrée. Vous devez non seulement confirmer votre niveau, mais aussi marquer les esprits.
Les scènes choisies doivent révéler :
- l’étendue de votre palette,
- votre capacité de transformation,
- votre intelligence du texte,
- et votre singularité.
Le deuxième tour est souvent celui où un candidat cesse d’être “prometteur”… pour devenir mémorable.
Échouer au troisième tour : une épreuve, mais aussi un signal fort
Arriver en finale — qu’elle prenne la forme d’un stage ou de nouvelles scènes — signifie déjà que votre profil intéresse fortement l’école.
À ce niveau, la sélection ne repose plus uniquement sur le jeu. Les jurys observent également :
- votre rapport au travail,
- votre capacité d’adaptation,
- votre écoute,
- votre engagement dans le collectif,
- et votre état d’esprit.
Un refus peut être difficile à accepter — vous étiez proche du but — mais il constitue souvent le signe que l’admission est désormais à votre portée.
Chaque école a ses propres règles
Calendrier, nombre de tours, type d’épreuves, attentes artistiques : aucune école ne fonctionne exactement de la même manière. Se renseigner précisément en amont est une étape fondamentale.
Anticiper les concours dès l’automne permet de construire une préparation progressive, généralement entre octobre et février, période où débutent les premiers tours.
Improviser sa préparation quelques semaines avant les épreuves est presque toujours insuffisant face au niveau d’exigence demandé.
La persévérance : une qualité majeure chez un acteur
Les concours sont des exercices particulièrement éprouvants. Ils demandent une discipline forte, une implication constante et une capacité à se remettre en question.
Mais persévérer ne signifie pas s’entêter. Cela signifie évoluer, affiner son travail, approfondir sa technique et gagner en liberté.
Un acteur se construit dans la durée. Et bien souvent, ce sont les candidats capables de traverser ces étapes sans se décourager qui finissent par intégrer les écoles les plus sélectives.
Ce qu’il faut retenir
- Réussir du premier coup est rare.
- Présenter plusieurs écoles augmente nettement vos chances.
- Chaque tentative doit s’appuyer sur une progression réelle.
- L’endurance mentale fait partie du métier.
Repasser un concours n’est pas un aveu de faiblesse. C’est souvent la preuve d’une détermination déjà professionnelle.
Allez plus loin avec nos fiches conseils et nos formations
Pour compléter cette fiche, voici des ressources utiles :
- Réussir les concours des écoles de théâtre : le guide complet : la fiche qui regroupe toutes les étapes : calendrier, scènes, méthode, exigences des jurys et erreurs fréquentes.
- Préparer les concours des écoles de théâtre : méthode et conseils : une méthode claire pour organiser ton travail (choix des scènes, rythme, répétitions, retours) et arriver prêt le jour J.
- Comment se déroule un concours d’école de théâtre ? : tours, épreuves, jury, stage final : comprendre la logique des sélections et ce qui est évalué à chaque étape.
- Que regarde vraiment un jury d’école nationale de théâtre ? : ce qui fait la différence en audition : présence, écoute, simplicité, technique intégrée — sans “montrer le travail”.
- Faut-il passer plusieurs fois les concours des écoles nationales de théâtre ? : stratégie réaliste (progression, retours, timing), et comment transformer une première tentative en accélérateur de niveau.
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- Quels monologues choisir pour les concours de théâtre ? Méthode, critères et premières pistes : une grille de sélection pour choisir un monologue défendable (enjeux, écoute, progression), et éviter les pièges classiques.
- Quelles autrices de théâtre choisir pour les concours ? Liste complète et conseils de sélection : trouver une autrice qui te convient, bâtir une scène solide, et affirmer une singularité sans “effet de vitrine”.
- Monologues pour femmes : quels textes choisir pour les concours de théâtre ? : pistes de textes exigeants (classiques et contemporains) pour sortir des évidences et construire une proposition forte.
- Monologues pour hommes : quels textes choisir pour les concours de théâtre ? : repères et pistes pour choisir un texte qui sert ton jeu, avec une proposition claire, précise et vraiment incarnée.
Nos formations
Si vous souhaitez structurer votre progression dans un cadre régulier, développer votre technique et gagner en autonomie, nos formations peuvent vous accompagner à chaque étape (travail de scène, présence, diction, corps, préparation concours).
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- Cours de théâtre pour adultes : séances hebdomadaires ouvertes à tous niveaux, technique + scènes, et spectacle de fin d’année.