Fiche Conseil

Prise de parole en public : respiration, voix, diction

La prise de parole en public peut déclencher un stress intense : souffle court, voix instable, perte de moyens. Bonne nouvelle : comme la mémoire ou la confiance en soi, parler en public se travaille. Voici des techniques de comédien (respiration, voix, diction, présence) pour gagner en aisance, en clarté et en impact.

Prise de parole

Prise de parole en public : comprendre le stress et gagner en aisance

Aujourd’hui, beaucoup d’échanges se font à distance, et l’on perd l’habitude d’exposer clairement ses idées face à quelqu’un. Résultat : dès qu’il faut parler “en vrai”, le corps réagit (tension, accélération, hésitations).

Il existe de nombreuses méthodes de coaching. De notre côté, nous partageons ici des outils issus de l’art oratoire et du travail de l’acteur, que nous mettons en pratique dans notre école. Si tu veux aller plus loin dans un cadre régulier, découvre aussi nos cours de théâtre adultes à Paris.

À retenir :

  • Le stress se voit dans le souffle : revenir à une respiration basse stabilise la voix.
  • Voix = corps : un échauffement court améliore immédiatement la clarté.
  • Compréhensible + incarné : l’articulation et l’intention font la différence.

Tu peux aussi consulter nos fiches conseil pour d’autres exercices concrets.

Respiration pour parler en public : stabiliser le souffle et la voix

En prise de parole, la respiration est le lien direct entre corps et mental. Quand le stress monte, le souffle se raccourcit, la voix devient instable et l’attention se disperse. Revenir à un souffle plus posé permet de retrouver de la disponibilité, de la présence et une voix plus stable.

Pour un travail plus complet sur la voix et le corps, la pratique régulière en atelier est déterminante : voir notre formation professionnelle de l’acteur.

"Un texte, c'est d'abord une respiration."

Louis Jouvet

Types de respiration : abdominale, thoracique, claviculaire

Schématiquement, nous pouvons distinguer trois niveaux de respirations :

  • Respiration basse (abdominale / diaphragmatique) : calme, ancrage, récupération.
  • Respiration moyenne (thoracique) : engagement, énergie contrôlée, discours posé.
  • Respiration haute (claviculaire) : souffle court, urgence, stress.

Exercice rapide (2 minutes) : allonge-toi, mains sur le bas-ventre, et observe le mouvement à l’inspiration et à l’expiration. Cherche un souffle silencieux, régulier, sans forcer.

Variante debout (30 secondes, juste avant de parler) : inspire 4 secondes, bloque 1 seconde, expire 6 secondes. Répète 3 fois. L’expiration plus longue calme le rythme et stabilise la voix.

Cet exercice aide à retrouver la source de la respiration et à détendre le corps avant une prise de parole.

Pense à t’en souvenir lors d’un moment de tension ou de crispation.

Pour l'acteur, le travail de son appareil respiratoire est un rituel et en devient naturel. Ne pas situer sa respiration correctement peut interférer avec son approche tant technique que sensible de son interprétation. D'autre part, une respiration mal maitrisée peut altérer la projection vocale. 

Présence à l’oral : transmettre une idée et une intention

Quand tu prends la parole, tu transmets toujours deux choses : le contenu (les faits, les idées) et l’intention (l’émotion, l’état intérieur). Le public perçoit les deux immédiatement.

  • Nous exprimons des faits 
  • Nous exprimons des sentiments

L'un ne va pas sans l'autre et ce serait une erreur de le croire : les faits doivent être aussi audibles que les sentiments.

Conseil pratique : avant de parler, définis en une phrase ce que tu veux provoquer chez l’autre (rassurer, convaincre, mobiliser, expliquer). Cette intention guide naturellement ton rythme, ton regard et ta voix.

Travailler sa prise de parole, son expression vocale et physique mais aussi – et surtout – prendre conscience de l'impact du sentiment. Sans sentiment, ton corps ne peut pas être guidé uniquement par la communication de faits. Les mots, quels qu'ils puissent être, doivent être porteurs de sentiment. 

© Le Foyer - Cours d'Art Dramatique
© Le Foyer - Cours d'Art Dramatique

Échauffement vocal : préparer sa voix avant de parler

Après l’exercice de respiration, il est temps d’échauffer l’appareil vocal. Parler plus fort n’est pas toujours la solution : sans préparation, la voix se fatigue, le timbre se durcit et la clarté diminue.

Protocole d’échauffement (5 minutes) :

  • Bâillements + étirements (30 sec)
  • Soupirs sonores (1 min)
  • “Mmm” bouche fermée (1 min)
  • “Vvv / Zzz” (1 min)
  • Lecture lente d’un paragraphe en articulant (1 min 30)

Une voix préparée est surtout plus claire, plus posée et moins fatigable. L’objectif est de projeter sans forcer, comme un comédien… même dans un entretien ou une réunion.

Gérer le stress avant de parler : détente, ancrage et énergie

Lorsque la pression monte, que nous sommes d'un état de stress avec une tendance à respirer court, il est normal que le corps réagisse : il se crispe et nous nous retrouvons donc dans un sentiment de frustration sans avoir accès à une gestuelle qui nous permet de nous exprimer clairement. Ne cherchez pas la confrontation avec votre corps en vivant mal son état d'agitation. Sa réaction est tout à fait naturelle, il s'agit d'un signal émotionnel qui signifie en quelque sorte qu'il est en état de marche et prêt à fonctionner. Le corps réagit au stress : tension, agitation, gestes réduits. Plutôt que de lutter, l’objectif est de canaliser l’énergie pour retrouver de la précision et de la présence.

"La voix est un second visage."

Gérard Bauer

Exercice de décharge (1 minute) : monte sur la pointe des pieds, bras tendus vers le plafond, étire au maximum. Maintiens 5 secondes, puis relâche d’un coup en expirant fortement. Répète 3 fois.

Erreurs fréquentes : retenir sa respiration, serrer la mâchoire, accélérer pour “en finir”, ou éviter le regard. À l’inverse, un rythme légèrement plus lent et des silences courts renforcent la maîtrise.

Diction et articulation : parler distinctement sans accélérer

La diction regroupe ce qui rend la parole compréhensible et incarnée : souffle, articulation, rythme et intention. Sous stress, on parle souvent trop vite, on “mange” les mots et l’attention du public se disperse.

Un des problèmes articulatoires récurrents de nos jours (et nous ne parlons pas ici de symptômes pathologiques) est le fait de parler trop vite, ne pas terminer ses phrases et de manger les mots (comme l'on dit au théâtre). Heureusement, comme tout, l'articulation se travaille aussi.

Prenez le temps de détendre votre visage et de décomplexer la sphère faciale. Grimacez ! Tirez la langue, ouvrez grand la bouche. Ne le répétez pas mais je fais cet exercice tous les matins en me levant.

Ensuite dites des phrases en articulant le plus possible, quitte à paraître ridicule, le ridicule ne tue pas. Dites à haute voix une phrase d'un journal, une recette de cuisine, un sms reçu… peu importe, parlez en surarticulant. Étirez votre mâchoire, musclez là. Quinze minutes par jour suffiront.

Si tu veux travailler l’articulation et la projection dans un cadre guidé, nos intervenants abordent ces outils très concrètement en cours.

Astuce immédiate : place des micro-pauses aux points et aux virgules. Le silence donne de l’autorité, améliore l’articulation et laisse au public le temps d’intégrer.

Pour les plus joueurs, voici quelques exemples de phrases amusantes à travailler :

"Je veux et j'exige d'exquises excuses."

"Les chaussettes de l'archiduchesse sont elles sèches archi sèches"

"Dis moi, petit pot de beurre, quand te dépetitbeurreriseras-tu? Je me dépetitbeurreriserai quand tous les petits pots de beurres dépetitbeurreriserront."

"Piano panier, panier piano."

En plus d'effectuer un bon travail de diction vous ferez aussi un travail de souffle et de respiration. Du deux en un !

Ces exercices sont une base solide. Avec de la régularité, tu verras rapidement une différence sur la stabilité de la voix, la clarté et l’assurance.

Aller plus loin :

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